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Catalina de la Rosa, auteure de comédies (?-1646)

Catalina de la Rosa

Les femmes de théâtre pendant le Siècle d'or espagnol

L'essor du théâtre et de la littérature en général est bien connu dans le siècle politiquement agité qu'était le Seizième en Espagne. Le XVII est le siècle de Lope de Vega, Vélez de Guevara, Calderón de la Barca, Rojas Zorrilla, Tirso de Molina, Quevedo, Góngora, Baltasar Gracián, Zurbarán, du dernier Cervantes; et de Shakespeare, Molière ou Racine. Mais également de soeur Ana Abarca de Bolea, soeur Ana de Jesús, Mariana de Carvajal, Ana de Castro, Isabel de Liaño, Cristobalina Fernández de Alarcón, soeur Úrsula de Jesús, soeur Juana de la Concepción, Leonor de Ovando, Luisa de Padilla y Manrique, Leonor Meneses Noronha, madame de La Fayette, Francesca Caccini ou Lucy Hutchinson.

Dans le domaine hispanique, il n'existe pas plus d'une douzaine de femmes dramaturges dont les noms nous sont parvenus : María de Zayas (¿1590?-après 1647), Leonor de la Cueva y Silva (début-fin S. XVII), Feliciana Enríquez (1619-1627), Ana Caro (1628-1645), soeur Juana Inés de la Cruz (1648-1695), Margarita Ruano (milieu-fin S. XVII), soeur Gregoria Francisca de Santa Teresa (1653-1736), o soeur Marcela de San Félix (1660). Nous conservons peu de textes de ces auteures.

Mais nombreuses sont les sources nous révélant les noms des actrices et femmes d'affaires de l'époque. Documentation municipale et notariale, surtout, mais aussi royale, telle que celle conservée par les Archives de la Couronne d'Aragon (ACA), puisque l'activité des sociétés était soumise à une licence administrative. Des actrices telles que Catalina de la Rosa, Isabel de Góngora, Luisa Antonia López, Francisca López, María Jiménez, Josefa Antonia Mazana, Josefa Lobaco, Luisa de Santa Cruz, Leonor de Velasco, Mariana de Morales, Inés de Lara y Arnalte, Ana María Franco, María de Neyra, Leonor María, Magdalena López “la Camacha”, Antonia Bernarda, María Vallejo, Juana et María de los Reyes, Ana de Montenegro, Micaela Fernández Bravo, Isabel María, Ana María de Dios, Manuela Godoy, Ana de Vargas, Mariana Engracia “la Vanolera”, Hipólita María de Quiñones, Manuela Blanco, Tomasa Josefa, Mariana de León, Isabel de Gálvez, María de Córdoba “Amarilis”, María Candasno, Ana de Coca, María Candado “Maritardía”, Lucía et Jerónima de Salcedo, María de los Ángeles, Jerónima de Burgos, María Calderón, María de Vergara... Parmi elles, également de nombreuses auteures ou femmes d'affaires comme Inés de Lara, Jusepa Vaca, María de Heredia, Catalina de la Rosa ou Juana de los Reyes, jusqu'à parvenir à environ soixante-dix noms.

La Compagnie de théâtre de la Rosa

Fondée en 1636 par Pedro de la Rosa (vers 1613-1675) après avoir quitté la compagnie de Tomás Fernández, lorsqu'il était déjà uni à Catalina Nicolás, qui avait changé son nom d'épouse. Leur fils, Pedro, est né à Valladolid en 1635.

La Compagnie de théâtre de la Rosa a connu pendant des décennies un grand succès sur toutes les scènes de théâtre de l'époque : elle se donnait en spectacle pour les rois, et la noblesse des villes ; dans les palais, les théâtres et les rues. La reine Isabelle de Bourbon (1602-1644) faisait partie de son public fidèle, comme cela apparaît dans le mémorial. La Compagnie représenta entre 1636 et 1675 des interludes et des comédies des plus grands écrivains du moment. La même année de sa fondation, elle obtint les représentations pour les festivités du Corpus Christi à Madrid, et lors de la célébration des contrats correspondants, Pedro et Catalina les deux étaient liés. Le succès de la Compagnie fut fulgurant à Madrid, puis dans les villes de Ségovie et Burgos (1636), Valence (1637 et 1645), Cadix (1638), Séville (1638 et 1639), Madrid (1639, 1641, 1642 et 1644), Malaga (1640), Grenade (1640), Valladolid (1641) et 1644), Tolède (1642 et 1644), Paris (1643), et Salamanque (1644 et 1646), jusqu'au décès de Catalina. Au cours des années suivantes, Pedro qui était marié avec l'actrice Antonia de Santiago, suivit le succès de la Compagnie de la Rosa à Valence, Séville, Madrid, Salamanque, Valladolid, Cordoue, Ségovie et Paris (1661-1673). De cette dernière période, les Archives Historiques de la Noblesse conservent un mémorial demandant à la reine d'augmenter son aide des frais de déplacement. Nueva ventana

Dans son testament de 1660, Pedro de la Rosa déclare que lors de son mariage avec Catalina, aucun des deux ne possédait de bien et lorsqu'elle mourut, leur patrimoine commun s'élevait à 1 000 ducats.

Mémorial de Pedro et Catalina de la Rosa Pulse para ampliar
Mémorial de Pedro et Catalina de la Rosa Pulse para ampliar

Le mémorial de Pedro et Catalina de la Rosa (1645)

Le 19 novembre 1645 Pedro et Catalina de la Rosa, « auteurs de comédies », demandèrent au roi Philippe IV de leurs payer leurs « particuliers » : représentations théâtrales offertes dans des salons privés qui étaient mises en scène pour leurs majestés au cours des quatre dernières années, et dont le coût s'élevait à 9 400 réaux. À défaut, ils le supplièrent de leur accorder deux ou trois privilèges de chevalerie, qui s'achetaient alors en Catalogne et dans le royaume de Valence, leur procurant ainsi un revenu sur acompte.

Le mémorial termine par la rime suivante :

« Que l'argent ira bien pour nous,

Quand, avec de vains appareils,

Achète un autre le privilège,

Nous serons les chevaliers »

Le 24 novembre 1645, Pedro de la Rosa signa un reçu pour les 2 000 réaux en argent que le roi, qui présidait le dernier Parlement valencien, avait ordonné de d'émettre en son nom.

Témoignages des représentations théâtrales au sein de la Couronne d'Aragon

Les documents relatifs aux comédies, auteurs, acteurs et actrices, musiciens ou compagnies théâtrales inscrits auprès des fonctionnaires et scribes de la Couronne reflètent le point de vue de l'administration royale. Les témoignages sur les maisons ou « corrales de comedias », le théâtre dans les palais ou les universités de l'ACA, illustrent des sujets tels que les autorisations (ACA,CONSEJO DE ARAGÓN,Legajos,768,nº47; 602,nº38; ou 911,nº162), les controverses soulevées dans les hôpitaux - à Majorque ou Valence, par exemple - pour qui le théâtre était une source importante de financement (ACA,CONSEJO DE ARAGÓN,Legajos,870,nº291; 725,nº38; 729,nº038; 899,nº39 ou 936,nº18), les scandales de altercations à l'entrée ou à la sortie du théâtre (ACA,CONSEJO DE ARAGÓN,Legajos,873,nº67), les tirades moralisantes sur les pièces ou les actrices (ACA,CONSEJO DE ARAGÓN,Legajos,1008) ou les censures portant sur les costumes et les vêtements (ACA,CONSEJO DE ARAGÓN,Legajos,662,nº072 ou 904,nº128).

Tous les documents peuvent être consultés sur PARES Nueva ventana

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ACA,CONSEJO DE ARAGÓN,Legajos,1355,nº 033

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Bibliographie PDF

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